Le 21 octobre, le préfet de police de Paris a conseillé aux commerçants situés près des cortèges de faire appel à des agents de sécurité privée. Deux jours plus tard, un syndicat de la profession rappelait que ces agents ne sont « pas des boucliers ». À Bordeaux, où une nouvelle journée de mobilisation est annoncée le 5 novembre, la question se pose concrètement : que peut faire un agent posté devant votre magasin ?

L’actualité : une recommandation du préfet, une mise au point syndicale

Selon Actu17, qui a publié le 22 octobre 2026 le contenu de son courrier, le préfet de police de Paris a adressé le 21 octobre une série de recommandations aux commerçants installés sur ou près des parcours de la manifestation du 24 octobre : recourir à des agents de sécurité privée, le cas échéant accompagnés d’équipes cynophiles, vérifier le fonctionnement des alarmes et de la vidéoprotection, avancer la fermeture ou ne pas ouvrir, baisser les rideaux métalliques, rentrer les terrasses et ne laisser sur la voie publique aucun objet pouvant servir de projectile. Face aux réactions, il a ensuite précisé que la protection des commerces relevait de l’État et que ces mesures n’étaient qu’un complément.

Le 23 octobre, la fédération FEETS-FO, qui représente les salariés de la sécurité privée au sein de Force ouvrière, a publié une mise au point : l’agent travaille à l’intérieur des lieux qu’il garde, il n’a aucune prérogative de puissance publique et ne participe pas au maintien de l’ordre. Le 26 octobre, le site SecuritExpertise en a tiré des vérifications pour les donneurs d’ordre.

À Bordeaux, le contexte est proche. Rue89 Bordeaux rapportait le 23 octobre que la préfète de la Gironde avait annoncé aux syndicats une interdiction de manifester sur une grande partie du centre-ville, à la demande du maire, et que l’intersyndicale appelait déjà à une journée d’action le 5 novembre.

Le principe : l’agent travaille chez vous, pas sur le trottoir

Le code de la sécurité intérieure (article L. 613-1) cantonne les agents de surveillance et de gardiennage à l’intérieur des bâtiments ou dans la limite des lieux dont ils ont la garde. Ce n’est qu’à titre exceptionnel que le préfet du département peut les autoriser à exercer sur la voie publique des missions de surveillance contre les vols, dégradations et effractions visant les biens qu’ils gardent.

Concrètement, un agent posté devant la vitrine, sur le trottoir, sans cette autorisation, n’est pas dans son cadre légal. La demande est faite par l’entreprise de sécurité, pas par le commerçant, et la surveillance reste limitée aux abords immédiats du magasin.

Dans le magasin

  • contrôler l’entrée et filtrer l’accès ;
  • aider à fermer rapidement et à baisser les rideaux ;
  • mettre le personnel et les clients à l’abri, à l’intérieur ;
  • alerter les forces de l’ordre et rendre compte ;
  • surveiller le site la nuit qui suit, si des dégradations ont eu lieu.

Sur la voie publique

  • se poster sur le trottoir sans autorisation préfectorale ;
  • surveiller le cortège ou les manifestants ;
  • repousser un groupe ou s’interposer physiquement ;
  • participer, de quelque façon que ce soit, au maintien de l’ordre ;
  • interpeller hors du cas de flagrant délit prévu par la loi.

Ce que risque un donneur d’ordre mal informé

La FEETS-FO rappelle que placer un agent sur la voie publique sans autorisation est une infraction pénale, qui vise aussi bien celui qui donne l’ordre que celui qui l’exécute, et que les entreprises qui ne respectent pas les règles s’exposent aux sanctions disciplinaires du CNAPS. Surtout, un agent seul sur un trottoir face à un groupe ne peut rien empêcher et se met en danger.

Le syndicat rappelle enfin qu’un agent qui a un motif raisonnable de penser que sa vie est en danger peut exercer son droit de retrait, quelles que soient les consignes du client. Un dispositif sérieux en tient compte dès sa conception : un agent ne doit jamais avoir à choisir entre sa sécurité et la vitrine.

Quatre questions à poser avant de signer

  1. Où l’agent sera-t-il posté ?À l’intérieur du magasin ou dans son enceinte. Si une présence sur le trottoir est envisagée, demandez si l’autorisation préfectorale a été obtenue, avant le jour J.
  2. Quelles consignes écrites ?Chaque agent doit disposer d’une consigne claire : ne pas intervenir physiquement, se replier à l’intérieur, alerter le 17 et rendre compte.
  3. Combien d’agents, et reliés comment ?Pas d’agent isolé : un binôme, un moyen de communication qui fonctionne et un interlocuteur joignable dans l’entreprise de sécurité.
  4. Les cartes professionnelles sont-elles valides ?Chaque agent doit être titulaire d’une carte professionnelle délivrée par le CNAPS en cours de validité, même pour une mission décidée dans l’urgence.

Le dispositif qui protège vraiment un commerce

Registre de main courante sûreté, sécurité, incendie tenu par un agent
Consignes écrites et main courante : ce qui a été prévu, ce qui s’est passé, ce qui reste à faire.

Les recommandations du préfet de police le montrent : la protection d’un magasin un jour de manifestation repose d’abord sur l’organisation, et l’agent de sécurité s’inscrit dans ce dispositif. Il est utile pour contrôler l’entrée tant que le magasin est ouvert, pour fermer vite au bon moment et pour mettre les équipes à l’abri. Il l’est aussi la nuit qui suit, quand une vitrine fêlée laisse le site vulnérable.

Un agent de gardiennage ou une équipe cynophile peuvent aussi surveiller le site fermé, toujours à l’intérieur des lieux confiés, avec des rondes et une main courante. Pour le binôme agent-chien, le cadre réglementaire attend encore son décret d’application.

Sur notre Instagram

Avant la mobilisation du 17 octobre, nous invitions déjà les commerçants, enseignes et entreprises à anticiper les risques liés aux manifestations et à préparer la protection de leurs boutiques. Voir la publication sur Instagram ↗ Nous revenions aussi sur ce qu’il fallait retenir de cette journée dans notre article sur les commerces dégradés à Bordeaux.

Préparer votre commerce avec NOX SECURITY

NOX SECURITY accompagne les commerçants de Bordeaux et de la Gironde dans le respect du cadre légal : présence d’agents à l’intérieur du magasin, aide à la fermeture, gardiennage de nuit après un sinistre, rondes de surveillance. Si nécessaire, nous étudions avec vous une demande d’autorisation préfectorale. Consultez notre page sécurité des commerces ou décrivez-nous votre situation pour une proposition adaptée.

Sources

NOX SECURITY intervient à Bordeaux, Mérignac, Pessac, Libourne et sur le Bassin d’Arcachon.